Le marché de l'emploi devient complexe. Outre les difficultés liées à un contexte économique difficile, nous faisons face à une véritable mutation liée à la robotisation et à l'informatisation.

Ainsi, de nombreux experts prédisent la disparition à très court terme de nombreux métiers et les enjeux sont majeurs. Face à cette transformation radicale du paysage de l'emploi, chacun se doit de se poser les bonnes questions:

  • quel filière dois-je suivre si je suis étudiant et que je suis donc appeler à chercher un premier poste dans les 3 ou 4 ans à venir? Si je me prédestine à des métiers liés à la finance par exemple, mon choix est-il judicieux ? N'y a t-il pas un risque que ce métier qui sera alors le mien soit amené à disparaître dans 10 ou 15 ans?
  • Si je suis en poste aujourd'hui, quel risque pour moi de me retrouver hors course?
  • Si je dois envisager une reconversion, vers quels métiers me tourner afin d'éviter de revenir à la case départ c'est à dire à l'exercice d'un métier amené à disparaître?
  • ...

Bien sûr, il ne s'agit pas dans cet article de poser des certitudes ou de faire peur à qui que ce soit. Cependant, il est possible avec un peu de bon sens de comprendre quels sont les emplois les plus "à risque", quelles sont les tendances et les raisons de ces tendances. Une étude réalisée par l'université d'Oxford (2015) nous apporte certains éléments de compréhension:

  • plus la part de "compétences" ou "d'aptitudes" humaines est importante dans un métier, moins le risque de disparition de ce métier est important. Effectivement, une machine, un robot, un ordinateur, ne pourront que difficilement remplacer l'homme si un métier comprend, par exemple, une part importante de sens artistique, de sens de la négociation, de l'empathie... cela sera également probablement vrai si un métier suppose des manipulations très expertes pour lesquelles une dextérité des doigts est indispensable. Ainsi, parmi les métiers les moins "à risque", figurent: les conseillers en éducation, les hôteliers, les tenanciers de bars, les orthophonistes, les psychologues, les professeurs, les éducateurs, les pharmaciens... mais également les directeurs des ventes...
  • de façon logique, certains métiers seraient donc menacés: opérateur dans l'industrie, opérateur de communication, bibliothécaire, assembleur... Cependant, cette étude de l'université d'Oxford fait également apparaître d'autres métiers "à risque" pour lesquels l'explication semble moins claire: démarcheur téléphonique, secrétaire juridique, expert comptable, employé d'assurance, employés de banque, standardiste... Pour ces derniers métiers, s'il est simple de comprendre qu'ils sont effectivement "remplaçables" par des machines (exemple: qui vous donne de l'argent à la banque?: le distributeur!), la part "d'humain" reste pour autant fondamentale dans ces métiers. Que penserait-on d'un comptable qui n'aurait qu'une lecture "froide" des chiffres et qui ne tiendrait pas compte des facteurs humains? Que pensent-on déjà aujourd'hui de ces entreprises qui accueillent leur client au téléphone via des répondeurs parfois... agaçants? Pour ces métiers et pour mieux appréhender le risque d'une disparition, il faut donc regarder les choses de façon plus précise: oui, le métier de standardiste est "à risque" mais tout dépendra des cas. Une marque de luxe, par exemple, aura plutôt tendance à privilégier "l'humain" et soignera son image au travers d'un accueil téléphonique de qualité, personnalisé et donc "non robotisé".

Les emplois d'avenir sont donc les emplois nécessitant avant tout des qualités humaines, difficilement transférables vers des machines. Tenez compte de ce facteur dans vos recherches d'emploi ou de formation.